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L'Heure Qatar
Depuis quand êtes-vous en France et travaillez-vous à l’ambassade du Qatar ?
Je travaille à l’ambassade du Qatar depuis quatre ans en tant que consul. Je m’occupe aussi de dossiers politiques et économiques.
Avez-vous choisi de travailler en France ?
Non, ce n’est pas un choix personnel. Vous savez, lorsque l’on travaille pour le ministère des Affaires étrangères, c’est le ministre qui choisit l’affectation de chaque diplomate. Tel est le cas pour de nombreux pays.
Existe-t-il une ambassade dans chaque pays où vous investissez ?
Pas forcément. Notre ambassade à Paris est ancienne, elle date de 1972 et c’est depuis l’indépendance de l’Etat du Qatar, en 1971, que nous avons commencé à ouvrir des ambassades dans les pays importants tels que la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Nous investissons par exemple en Amérique du Sud et en Afrique, comme au Congo, mais nous n’avons néanmoins pas d’ambassade présente là-bas. Les investissements du Qatar ne sont pas gérés par les ambassades mais par le QIA (Qatar Investment Authority, le fonds souverain du Qatar). Lorsque nous investissons dans un pays nous cherchons des partenaires locaux pour que la rentabilité soit mutuelle.
Comment jugez-vous les relations avec la France aujourd’hui ?
Les relations que nous entretenons avec la France sont des relations historiques qui existaient déjà avant l’indépendance du Qatar. Dans les années 30, la France avait des entreprises implantées dans notre pays, comme Total. Mais c’est après notre indépendance en 1971 que nos relations économiques, culturelles et militaires se sont fortement développées. On peut parler, à présent, de relations stratégiques entre nos deux pays . La France est notre deuxième ou troisième partenaire économique. Il y a aujourd’hui plus de cent entreprises françaises qui investissent au Qatar. La langue française est aussi de plus en plus enseignée dans nos écoles. Notre pays est devenu membre associé à l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) et nous avons déjà créé une radio francophone, la radio «Oryx ».
Est-ce que vous savez combien de qataris décident de venir vivre en France ?
Je ne sais pas. Je sais que beaucoup de qataris visitent la France et viennent en tant que touristes mais je ne pense pas qu’ils viennent en France pour y vivre. Les qataris admirent beaucoup la France et sa culture. Mais vous savez, nous sommes seulement 300 000 citoyens qataris, ce qui n’est pas comparable avec les 67 millions de français, donc très peu de qataris, voire aucun, se déplacent pour venir travailler et vivre en France.
Parlons de vos investissements ; si vous le voulez bien. Quel est la stratégie d’investissement du Qatar en France ?
La France n’est pas le pays où nous investissons le plus. Il est troisième en Europe après l’Allemagne et la Grande-Bretagne. Pour investir nous cherchons surtout de belles opportunités. Le Qatar a une grande confiance dans l’avenir de l’économie française, c’est pour cette raison que nous avons beaucoup investi dans l’immobilier et les entreprises en France. Nos investissements sont des investissements amis à long terme, dans le cadre de nos intérêts mutuels. Ces investissements contribuent en même temps à la création d’emplois en France. Le Qatar cherche en réalité l’avenir de nos générations futures après le pétrole. Nous pouvons rajouter que ce type de stratégie est à double sens, la France investit à son tour dans l’économie de notre pays.
Les investissements sont-ils purement économiques ou servent-ils à partager la culture qatarie ?
Je ne pense pas que les investissements aient pour but de partager la culture qatarie. Ils ont la possibilité de faire connaître la culture du Qatar aux Français. Cela va aider certainement à faire des échanges culturels et c’est bénéfique pour les deux pays.
Pourquoi avoir choisi d’investir beaucoup dans le milieu sportif ?
Prenons l’exemple du PSG. Le Qatar a choisi d’investir dans ce club car les Qataris aiment le sport et admirent Paris. Ce genre d’investissements a aidé le PSG à devenir l’un des plus grands clubs en Europe et nous aidera à mieux préparer le Mondial de 2022 qui aura lieu à Doha.
Y aura-t-il de futurs investissements prévus en France ?
On ne peut pas savoir, tout dépend des opportunités qui nous seront offertes.
Pourquoi le Qatar investit-il de plus en plus en Côte d’Azur ? Qu’est ce que cela apporte à la France ?
Nous investissons dans l’hôtellerie, par exemple, car cela permet d’accueillir les touristes et de créer des emplois. Nos investissements comme j’avais dit précédemment, permettent de faire marcher l’économie. Néanmoins, il ne faut pas écouter tout ce que les médias racontent, car leurs informations à propos de nos actions ne sont pas forcément exactes. Par exemple, les médias confondent souvent les investissements du fonds souverain, donc publics, et ceux du secteur privé. Ce sont deux types d’investissements totalement différents.
Comment le Qatar a-t-il été connu des Français ?
Je pense que la nouvelle génération française a pris connaissance du Qatar grâce à notre investissement dans le PSG car les médias en ont beaucoup parlé, ce qui nous a fait un coup de publicité énorme, mais les Français connaissaient le Qatar depuis 1930. Les relations entre les deux pays sont étroites et très anciennes.
Est-ce que les médias peuvent vous poser des problèmes dans vos actions ?
Non, les médias ne sont pas un problème pour nous. Nous travaillons beaucoup en transparence ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde, par exemple, les Etats-Unis ne parlent pas beaucoup de leurs investissements. Le fait que les nôtres soient visibles montre que nous n’avons rien à cacher, tout le monde est au courant lorsque notre pays investit quelque part et je pense que c’est une bonne chose de travailler comme cela, car ceci donne de la crédibilité à nos actions.
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